Notre voyage au Laos a été un véritable coup de cœur mais au-delà des paysages et des sites touristiques, ce qui nous a le plus marqué ce sont les rencontres. Si vous lisez ce blog depuis un moment, vous le savez sans doute, ce qui m’anime lors de mes voyages ce sont les connexions humaines, les moments d’échange avec les habitants et surtout sortir des sentiers battus. Dormir chez l’habitant en fait partie. C’est ce qui nous a emmené dans un petit village de la campagne de Luang Prabang, à quelques mètres d’une des plus grandes attractions touristiques du pays, où nous avons vécu une parenthèse humaine rare, pleine d’émotions et de leçons de vie. Je vous raconte notre séjour chez Saï au coeur de la vie locale…
Notre séjour chez l’habitant au Laos: Rencontre avec Sai et les enfants du village
Après avoir passé quelques jours dans la ville de Luang Prabang, la capitale culturelle du Laos (lire mon article « Que faire à Luang Prabang« ), nous avons pris la direction du village de Ban Long, à une heure de route. C’est dans ce petit village très modeste que se trouvent les très fameuses Kuang Si Fall, les cascades les plus touristiques et visitées du Laos. Nous nous rendons dans ce lieu très populaire pour une expérience totalement différente: un séjour chez l’habitant !
Nous avons rendez-vous chez Sai et sa famille pour passer deux jours et, nous ne le savons pas encore mais ces deux journées vont nous bouleverser complètement…
Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par une dizaine d’enfants qui viennent vers nous et nous entrainent dans leurs jeux et dans leurs chants. Il ne nous en faut pas plus pour nous laisser transporter par leur bonne humeur et leur entrain. On apprend donc les chansons (en français) et leurs jeux de mains et on communique surtout par les gestes et les sourires car on fait face à la barrière de la langue…
De son côté, Saï nous accueille avec un grand sourire et une simplicité et sincérité qui brisent instantanément les barrières. Ce père de trois enfants, est venu vivre dans le village de sa femme, village peuplé de Khamu, une minorité ethnique. À la force de sa générosité débordante et de son énergie inépuisable il dévoue son quotidien aux enfants et à leur scolarisation. Sa femme, elle, apporte également un soutien aux enfants, en offrant par exemple, le couvert à certains enfants du village dont les parents travaillent dans les champs…
Le rêve de Saï: Offrir des leçons d’anglais pour l’avenir des enfants
Après avoir déposé nos sacs dans notre chambre et avoir passé l’après-midi aux cascades avec les enfants, nous retrouvons Saï qui nous propose quelque chose de surprenant: l’aider à donner une leçon d’anglais aux enfants du village ! Son rêve ? Offrir l’opportunité à chaque enfant d’apprendre l’anglais afin d’avoir un meilleur avenir. Comment ? Tous les soirs, Saï donne des cours d’anglais (ainsi que des remises à niveau de tous cours confondus) afin de leur donner une chance de réussir dans la vie. Ainsi, tous les soirs, sa cuisine se transforme en salle de classe, dans laquelle il place des bacs de bières en plastique en guise de table et il se transforme en professeur.
Lors de notre séjour nous allons assister à deux leçons et nous aurons ainsi la chance de pouvoir en apprendre davantage sur ces enfants et leurs vies. Par exemple, lors d’une leçon sur « My dream job » (mon boulot de rêve), nous apprendrons que la plupart des enfants aspirent à des métiers liés au tourisme, notamment le métier de « Tour guide » puisque ce serait le seul métier qui leur permettrait de voyager dans leur pays. Aller dans la capitale du pays, Vientiane, située à 3 heures de route est un rêve pour chaque laotien mais se révèle une vraie expédition car cela demande un coût important… C’est une sacrée claque pour nous dont le quotidien est de voyager au grès de nos envies depuis plusieurs semaines…
Détour par l’école du village
Le deuxième jour, après avoir assisté à la cérémonie du Tak Bat dans le village, nous avons le privilège d’accompagner Saï lors d’une visite de courtoisie dans l’école du village. C’est une école primaire où les 90 enfants sont partagés en 4 classes. Il n’y a malheureusement pas assez de professeurs pour toutes les tranches d’age, donc les enfants de plusieurs sections sont mélangés et les professeurs jonglent les exercices d’un groupe à l’autre.
Nous profitons du temps de la récréation pour jouer avec les enfants que nous avions rencontré la veille… Saï vient distribuer des stylos, des cahiers et autre matériel scolaire qui lui ont été donnés par les visiteurs étrangers. Il attend toujours d’en avoir pour tous les enfants avant de les distribuer. Même si nous sommes très heureux d’être là, notre présence nous questionne également… Loin de nous l’envie de nous montrer comme des « sauveurs ». Une chose nous marque: ces enfants ont besoin d’aide extérieure pour avoir accès à du matériel scolaire parce que le soutien du gouvernement est très limité pour la communauté Khamu, nous dit Sai. (Si vous avez de la place dans vos sacs, n’oubliez pas d’emporter des stylos et du matériel scolaire qui pourra toujours servir si vous passez dans des villages!)
Notre retour sur ce séjour chez l’habitant
Nous avons passé deux journées incroyables et fortes en émotions chez Saï. Son accueil, sa gentillesse et son ouverture d’esprit nous ont tant marquées. Malheureusement, nous aurions aimé pouvoir rester plus longtemps car deux jours passent beaucoup trop vite. Pendant ce court temps, nous avons tout de même lié d’amitié avec certains enfants et au moment de repartir, la séparation a été difficile pour nous, mais également pour certains d’entre eux, qui voient de nouveaux voyageurs venir et partir si souvent… Cette scène nous fend le cœur…
Nous le savons, en allant vivre chez l’habitant nous réalisons que nous voyageons dans des pays où les gens vivent une réalité bien différente de notre quotidien. Pour eux, chaque journée est une leçon de vie et d’autonomie, bien loin de ce que nous connaissons. Et pour nous, c’est une claque d’humilité de voir leur résilience et leur envie de construire un futur, malgré un quotidien difficile.
Pendant notre séjour chez Saï nous avons également rencontré d’autres voyageurs, y compris des familles avec enfants qui viennent de France et de Belgique. Nous avons partagé le moment des repas ensemble, ce qui nous a permis de discuter et d’échanger sur ce que nous étions en train de vivre. Des rencontres qui auront marqué notre voyage également.
Si cette immersion auprès de Saï nous a tant marqués, c’est parce qu’elle nous a permis de vivre le Laos autrement, loin des chemins balisés. Choisir de dormir chez l’habitant, c’est accepter de ralentir, de poser un regard différent sur le voyage. C’est s’ouvrir à l’autre avec humilité, en prenant conscience des réalités de la vie locale et en respectant les traditions, sans chercher à tout changer ou tout consommer. Saï et sa famille nous ont rappelé que le voyage ne consiste pas uniquement à accumuler des visites, mais aussi à créer des liens et à s’enrichir de rencontres qui résonneront longtemps en nous. La véritable richesse d’un voyage se trouve dans la profondeur des liens humains que l’on tisse.
Infos pratiques: Comment passer un séjour chez l’habitant au Laos ?
- Comment y aller ? Pour se rendre dans le village de Ban Long (voir ici sur Maps), vous pouvez louer votre propre véhicule ou vous faire conduire depuis Luang Prabang. Il y a de nombreux transports privés (navettes, shuttle) qui proposent le trajet jusqu’à la cascade Kuang Si.
- Comment réserver un séjour chez Saï ? Saï propose d’accueillir des voyageurs dans la maison annexe à la sienne. Il y a plusieurs chambres. Vous pouvez le contacter directement (je vous partage ses coordonnées par message > laissez-moi un commentaire sous cet article et je vous enverrai un email) 🙂
- Combien ça coûte ? Dormir chez Saï sera une nuit très modeste. Nous avons payé 400.000 kips (20€) pour 2 par nuit pour la chambre et le couvert.
Pour toute autre question, je réponds en commentaire 🙂
Merci à Saï pour la leçon de vie, merci aux enfants pour le tsunami d’amour qu’ils nous ont adressés 🫶🏼
C’est systématique, quand on vit ces expériences avec les locaux, on se dit que ce n’est qu’un au revoir et qu’on reviendra un jour …
A propos des photos d’enfants
Je tiens à préciser que vous ne trouverez pas dans cet article ou sur ce blog des photos des enfants avec qui nous avons partagé ces moments. Par respect pour eux, de leur vie privée et dans une démarche éthique, j’ai choisi de ne pas diffuser d’images d’eux – du moins où ils pourraient être identifiés – sur internet ou sur mes réseaux sociaux. Notre expérience auprès de Saï et des enfants du village est avant tout humaine, intime, et se vit au-delà des photos. Préserver leur intimité nous semble essentiel. Si vous vivez ce genre d’expérience en voyage, pensez-y 🙂